Le Web (ou World Wide Web) n’est pas Internet.
C’est un des systèmes fonctionnant sur le réseau « Internet ». Il permet de consulter, avec un navigateur, des pages accessibles sur des sites via des adresses uniques, les URLs (Uniform Resource Locator), qui commencent par « http:// » (Hyper Text Transfer Protocol) ou « https:// » pour une connexion chiffrée entre le navigateur et le serveur.

L’image de la toile d’araignée vient des hyperliens qui relient les pages web entre elles. Le Web ne pourrait pas exister sans Internet, le réseau qui le porte.
Un rêve né bien avant les ordinateurs
En 1934, le bibliographe belge Paul Otlet publie son Traité de documentation, où il imagine un « télescope électrique » permettant de consulter à distance, depuis un écran relié par téléphone, l’ensemble des livres et documents d’une grande bibliothèque. Le World Science Festival a retenu, en 2012, cette intuition comme l’une des préfigurations les plus précoces d’un accès universel et à distance à la connaissance, antérieure de plusieurs décennies aux premiers réseaux informatiques.
Cette vision prend corps au Mundaneum, le centre de documentation qu’Otlet fonde à Bruxelles avec Henri La Fontaine et qui rassemble, dès les années 1920, des millions de fiches bibliographiques. Le projet reste manuel et ne verra jamais sa version « téléphotée », mais l’idée de ressources consultables à distance est posée. Il faudra attendre les années 1960 pour que la technique rattrape l’ambition.
La légende du Spoutnik

Timbre soviétique commémoratif (Wikimedia)
En 1957, en pleine guerre froide, les Soviétiques surprennent le monde entier, et en particulier les Américains, en envoyant les premiers un satellite artificiel dans l’espace, le Spoutnik.
Pour reprendre la main, le président Dwight Eisenhower crée dès 1958 l’ARPA (Advanced Research Projects Agency) au sein du Département de la Défense, chargée de développer des innovations technologiques pour l’armée, pendant que la NASA reprend la main sur la conquête spatiale. L’ARPA va notamment chercher à faire communiquer des ordinateurs entre eux via des lignes téléphoniques.
La légende voudrait que ce réseau ait été conçu pour résister à une attaque nucléaire en restant décentralisé. C’est en réalité un mythe : son principal usage sera le partage de travaux et l’échange d’informations entre scientifiques. Il n’y a d’ailleurs pas un seul élément précurseur mais un faisceau de progrès techniques et scientifiques qui aboutissent à cette invention collective.
La naissance d’Arpanet, l’ancêtre d’Internet
À l’automne 1969, après des mois de développement, Arpanet prend forme : un premier nœud est installé début septembre à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), puis un deuxième en octobre à l’Institut de recherche de Stanford (SRI), à Menlo Park.
Le 29 octobre 1969 à 22h30, le premier message envoyé est le mot « login » (connexion), mais le système plante après les deux premières lettres : le tout premier message de l’histoire d’Internet se résume donc à « lo ».
Source : article « ARPANET », Wikipédia, consulté en 2026.
Le réseau s’étend à quatre ordinateurs dès décembre 1969, avec la connexion de l’université de l’Utah et de l’université de Californie à Santa Barbara, puis gagne peu à peu l’ensemble du territoire américain.

Carte d’ARPANET en 1974 (Wikimedia)
En parallèle se développent d’autres expérimentations de mise en réseau, aux Etats-Unis comme en Europe.
D’Arpanet à Internet
Compte tenu qu’Arpanet a été développé par des universitaires et non par des militaires, la DARPA scinde les usages pour permettre des développements distincts, l’un militaire, l’autre civil. À partir de 1980, différents réseaux universitaires et publics sont interconnectés avec le réseau originel pour donner naissance à Internet (Interconnected Network). D’autres réseaux naissent en parallèle, comme Usenet, un système de forums encore utilisé aujourd’hui.
Le protocole TCP/IP (Transmission Control Protocol et Internet Protocol), conçu par Vinton Cerf et Robert Kahn et publié dès 1973, est officiellement adopté par l’ensemble d’Arpanet le 1er janvier 1983 pour uniformiser le réseau. Il reste la base d’Internet aujourd’hui.
Face à l’engouement pour ce nouvel outil de communication et aux rêves que suscite ce « cyberespace » supra-national encore quasiment vierge, différentes autorités cherchent à en réguler les usages ou à en interdire l’accès. Au début des années 1990, une poignée de pionniers se fédèrent au sein de l’Electronic Frontier Foundation (EFF) pour défendre ce « nouveau monde » face aux velléités de contrôle et de surveillance. Cette prise de position donne lieu, en 1996, à la déclaration d’indépendance du cyberespace de John Perry Barlow.
Le Web, une application parmi d’autres

Sir Tim Berners-Lee, inventeur du World Wide Web, et Vinton Cerf, co-inventeur du protocole TCP/IP qui permet le fonctionnement d’Internet.
Le Web n’est qu’une des applications d’Internet, distincte d’autres applications comme le courrier électronique, inventé en 1971 par Ray Tomlinson, la messagerie instantanée avec IRC, ou encore le transfert de fichiers en pair à pair et la voix sur IP.

Les plateformes Internet et Usenet et la place des différents services accessibles dessus
Dans l’imaginaire du grand public, le Web amalgame trois domaines bien distincts :
- Le Web profond (deep web), qui représente la majorité des pages : des contenus en HTML non indexés par les robots des moteurs de recherche, comme les pages privées d’un compte bancaire.
- Le Web sombre (dark web), objet de nombreux fantasmes car accessible uniquement via des protocoles chiffrés spécifiques. Il sert autant à des activités délictueuses qu’à des opposants politiques ou des lanceurs d’alerte cherchant à contourner une surveillance.
- Le Web public, celui auquel on accède le plus facilement par un moteur de recherche. Avant leur généralisation, il fallait passer par des annuaires de sites ou connaître directement l’adresse à visiter.
Une invention née au CERN
C’est dans ce contexte qu’un jeune informaticien britannique, Tim Berners-Lee, propose en 1989 au CERN un système pour relier entre eux les documents scientifiques du laboratoire par l’hypertexte. De ce brouillon jugé « vague, mais prometteur » par son responsable naîtra, en quelques années, le premier site web, puis un logiciel versé au monde entier dans le domaine public. Cette histoire, avec ses dates précises et sa première annonce publique sur Usenet, fait l’objet de la page suivante : la naissance du Web au CERN.
Quel fut le premier message transmis sur Arpanet, l'ancêtre d'Internet ?
Voir la réponse
Réponse : B. Le 29 octobre 1969, les opérateurs tentent d’envoyer le mot « login », mais le système plante après les deux premières lettres. Le message reçu se limite à « lo ».
Source : article « ARPANET », Wikipédia, consulté en 2026.
Le Web et Internet, est-ce la même chose ?
Voir la réponse
Réponse : B. Internet est le réseau physique et logique (câbles, protocoles TCP/IP) qui relie les ordinateurs entre eux. Le Web n’est qu’une des applications qui circulent dessus, au même titre que le courrier électronique ou la voix sur IP.
Source : article « World Wide Web », Wikipédia, consulté en 2026.
Le protocole TCP/IP, qui reste la base d'Internet aujourd'hui, est officiellement adopté par Arpanet en...
Voir la réponse
Réponse : B. Publié dès 1973 par Vinton Cerf et Robert Kahn, TCP/IP n’est officiellement adopté par l’ensemble du réseau Arpanet que le 1er janvier 1983, une date que les ingénieurs de l’époque surnomment le « flag day ».
Source : article « Suite des protocoles Internet », Wikipédia, consulté en 2026.
Chapitre suivant : Le Web 2.0 et après →
← Chapitre précédent : Principes de fonctionnement des ordinateurs et des réseaux
