L’histoire de l’informatique est d’abord celle d’une volonté : automatiser des tâches longtemps réalisées à la main, en particulier le calcul et le traitement de l’information.
Après avoir vu comment l’information s’est définie puis comment elle s’est stockée, voyons comment on a cherché à la traiter automatiquement, sur deux siècles, de la logique booléenne aux premiers ordinateurs.
Le mot « informatique » n’a que 60 ans
Jusqu’en 1962, le mot « informatique » n’existe pas en français.
C’est Philippe Dreyfus qui le forge cette année-là, par contraction d’« information » et d’« automatique », pour désigner la science du traitement automatisé de l’information (source : Wikipédia, « Informatique »).
Le terme s’impose rapidement face à ses concurrents de l’époque : calculateur, systémateur, ordinatrice.
Le XIXe siècle anglais pose les bases
Empire en pleine expansion, la Grande-Bretagne victorienne a des besoins croissants en calcul, pour la navigation comme pour l’astronomie.
George Boole
C’est dans ce contexte que le logicien George Boole publie en 1847 The Mathematical Analysis of Logic, où il définit les opérateurs logiques dits « booléens », fondés sur deux valeurs, 0 et 1, pour coder le vrai et le faux.
Cette algèbre binaire deviendra, un siècle plus tard, le langage même des circuits électroniques.

Charles Babbage
Au même moment, l’ingénieur Charles Babbage conçoit en 1822 les plans de sa « machine à différences », un calculateur mécanique trop complexe pour les moyens techniques de son époque : elle ne sera construite d’après ses plans qu’en 1991, au Science Museum de Londres.
Dix ans plus tard, fort de ce succès théorique, Babbage imagine une machine plus ambitieuse encore, l’« Analytical Engine », capable d’exécuter une suite d’instructions à partir de cartes perforées : un calculateur universel.

Ada Lovelace
Babbage est alors épaulé par Ada Lovelace, fille du poète Lord Byron.
Dans des notes publiées en 1843, elle décrit une méthode permettant à l’Analytical Engine de calculer les nombres de Bernoulli : le premier programme de l’histoire, ce qui lui vaut d’être considérée comme la première personne à avoir programmé.


Le XXe siècle fait entrer le calcul dans l’électricité
Les recherches se multiplient dans l’entre-deux-guerres.
Konrad Zuse et Claude Shannon
L’ingénieur allemand Konrad Zuse construit dès 1938 le Z1, un calculateur automatique. La même année, Claude Shannon montre comment traduire la logique booléenne en circuits électriques à relais : le pont entre les mathématiques de Boole et l’électronique.
Alan Turing
Quelques années plus tard, le mathématicien britannique Alan Turing formalise le concept de machine universelle et pose les fondations théoriques de l’ordinateur moderne.
Son parcours, de Bletchley Park au test qui porte son nom, fait l’objet d’une page dédiée.
L’ENIAC et l’architecture de von Neumann
La Seconde Guerre mondiale accélère tout.
Aux États-Unis, J. Presper Eckert et John Mauchly achèvent en 1945 l’ENIAC, un calculateur électronique programmable de 30 tonnes construit à l’université de Pennsylvanie (source : Wikipédia, « ENIAC »).
La même année, John von Neumann, qui travaille sur les calculs du projet Manhattan, décrit dans un rapport l’architecture d’un calculateur universel à programme enregistré : l’« architecture de von Neumann », toujours à la base des ordinateurs actuels.
Le transistor et les générations d’ordinateurs
En 1947, les Laboratoires Bell inventent le transistor, un interrupteur miniature commandé par un courant électrique.
Il remplace peu à peu les fragiles tubes à vide et ouvre la voie à des machines plus petites, plus fiables et plus rapides.
De cette invention découlent les générations successives d’ordinateurs que distinguent les historiens :
- tubes à vide (1945-1955),
- transistors (1955-1965),
- circuits intégrés (1965-1980),
- puis micro-ordinateurs à partir des années 1970 (source : Wikipédia, « Histoire de l’informatique »).
Qui est considérée comme la première personne à avoir programmé ?
Voir la réponse
Réponse : B. Dans des notes publiées en 1843, Ada Lovelace décrit une méthode permettant à l’Analytical Engine de Charles Babbage de calculer les nombres de Bernoulli : le premier programme de l’histoire.
Source : Ada Lovelace, Wikipédia, consulté en 2026.
Le mot « informatique » est la contraction de…
Voir la réponse
Réponse : B. Philippe Dreyfus forge le mot en 1962 par contraction d’« information » et d’« automatique », pour désigner la science du traitement automatisé de l’information.
Source : Informatique, Wikipédia, consulté en 2026.
Pour aller plus loin
Trois pages prolongent ce chapitre :
- Des calculs antiques à la Pascaline : du mécanisme d’Anticythère à la première machine à calculer mécanique.
- Hollerith et la mécanographie : comment le recensement américain a donné naissance à IBM.
- Alan Turing, de la machine universelle au test : de Bletchley Park aux premières questions sur l’intelligence artificielle.
Ce fil, automatiser le calcul puis l’information, se prolonge directement dans le cours L’IA sans filtre, qui interroge les IA génératives d’aujourd’hui.
Ce cours existe aussi en atelier animé, sur site ou à distance.
